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Démission et travailleurs privés d’emploi : un droit au chômage sous conditions depuis l’entrée en vigueur de la loi « Avenir professionnel »
Pour rappel, un salarié ne pouvait percevoir l’allocation chômage que lorsque son contrat de travail était rompu aux termes d’un licenciement ou d’une rupture conventionnelle. Cependant, lorsqu’il était démissionnaire, le salarié ne pouvait espérer percevoir ladite allocation. La Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 a permis d’ouvrir l’allocation d’assurance chômage aux travailleurs qui ont démissionné et ayant un projet de reconversion. Il convient de surcroît de noter que la loi pose le principe de l’extension de l’indemnisation chômage aux travailleurs indépendants qui sera versée, dans certaines conditions, aux travailleurs indépendants en cas de cessation involontaire de leur activité. Deux Décrets d’application ont été publiés au Journal Officiel : – Décret n° 2019-796 du 26 juillet 2019 relatif aux nouveaux droits à indemnisation, à diverses mesures relatives aux travailleurs privés d’emploi et à l’expérimentation d’un journal de la recherche d’emploi, – Décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage. En cas de démission d’un salarié, leDécret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 prévoit quele salarié démissionnaire devra remplir certaines conditions pour pouvoir bénéficier de l’assurance chômage : – être aptes au travail ; – rechercher un emploi ; – satisfaire à des conditions d’activité antérieure spécifiques ; – poursuivre un projet de reconversion professionnelle sérieux nécessitant le suivi d’une formation ou un projet de création ou de reprise d’une entreprise. L’article 2 du Décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage indique qu’« ont droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi les salariés dont la perte d’emploi est involontaire. Remplissent cette condition les salariés dont la perte d’emploi résulte : – d’un licenciement ; – d’une fin de contrat de travail à durée déterminée dont notamment le contrat à objet défini, ou de contrat de mission ; – d’une rupture anticipée d’un contrat de travail à durée déterminée, dont notamment le contrat à objet défini, ou d’un contrat de mission, à l’initiative de l’employeur ; – d’une rupture de contrat de travail résultant de l’une des causes énoncées à l’article L. 1233-3 du code du travail ». Le projet de reconversion doit présenter un caractère réel et sérieux attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale, créée dans chaque région notamment pour prendre en charge financièrement les projets de transition professionnelle. Le salarié devra ainsi adresser une demande à la commission par tout moyen donnant date certaine.Questions fréquentes
Quels sont les droits des travailleurs privés en cas de démission ?
Le salarié qui démissionne doit respecter un préavis (variable selon la convention collective). Il peut bénéficier du chômage dans certains cas (démission légitime).
Puis-je démissionner sans préavis ?
Oui, en cas de faute grave de l’employeur (non-paiement du salaire, harcèlement). Vous pouvez alors prendre acte de la rupture, ce qui équivaut à un licenciement sans cause réelle.
Quel est le délai pour contester une démission forcée ?
Vous avez 12 mois pour saisir le conseil de prud’hommes à compter de la rupture. Prouvez que la démission n’était pas libre (pression, menace).
Que faire si mon employeur refuse d’accepter ma démission ?
La démission est un droit. Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception. Si l’employeur bloque, vous pouvez saisir les prud’hommes pour faire constater la rupture.
Combien coûte une procédure pour démission contestée ?
Les honoraires d’avocat varient : entre 1 500 et 4 000 €. L’aide juridictionnelle est possible. Demandez un devis gratuit.

